
Comme Netscape fut dépassé en son temps par Internet Explorer, comme Yahoo! le fut par Google, comme Friendster par MySpace et MySpace lui-même par Facebook. Facebook sera très bientôt dépassé à son tour…
Avouons-le d’emblée, pas besoin d’être un grand futurologue pour annoncer cette prophétie.
L’actualité récente l’a révélée de façon planétaire au grand public : lorsqu’un événement brûlant se déroule en « live » dans la salle d’un tribunal new-yorkais, plus personne ne pense à mettre à jour son profil sur Facebook.
Facebook est dépassé lorsqu’il s’agit de couvrir à la fois l’actualité très immédiate, très localisée et très thématisée.
Autrement dit, sur le territoire de l’hyperactualité, hyper(g)locale et hyperthématisée, Facebook est déjà dépassé par Twitter.
420 caractères sur Facebook ou 140 caractères sur Twitter ?
Si Twitter a déjà largement gagné devant Facebook sur le terrain de la mobilité, c’est simplement parce que Twitter a été conçu, dès l’origine, pour les utilisateurs en mobilité.
Ce que la plupart des nouveaux utilisateurs voient comme une limitation, ou un même un sérieux handicap, ce champ de saisie exigu, limité à 140 caractères (signes et espaces), fait en réalité toute la puissance de l’outil. Interopérable depuis le début, avec les téléphones mobiles d’entrée de gamme, c’est-à-dire sans accès internet, Twitter à toujours misé sur l’usage léger et en mobilité.
Oui, tweeter sans accès internet, c’est possible !
« Deviens mon ami » sur Facebook ou « suis-moi » sur Twitter ?
Est-il plus facile de devenir « ami » avec un journaliste du New-York Times ou de s’abonner à son compte Twitter ? La seconde option paraît évidente.
Car même si vous n’êtes pas abonné au compte qu’il faut suivre absolument, c’est à travers vos propres contacts, ou « abonnements », que, de proche en proche et de tweet en retweet, vous découvrirez les bons messages, et finalement, les sources à suivre.
J’aime sur Facebook ou je retweete sur Twitter ?
Pas de doute : le « like » c’est la grande invention de Facebook.
Montrer à ses amis qu’on est cultivé (ou pas), que l’on aime telle publication, telle marque ou telle personnalité, c’est le cœur de l’activité des utilisateurs sur Facebook.
Pourtant aujourd’hui, le « j’aime » de Facebook n’est plus incontournable.


Sur certains sites, comme Mashable ou Locita, le « Like » de Facebook est même battu à plate couture par le compteur de (re)tweets de Twitter. Sans évoquer Google, qui se voit déjà leader sur ce créneau avec le bouton « +1 » sans lequel votre référencement va rapidement tourner court.
Mille fans sur Facebook ou mille abonnés sur Twitter ?
Allons, pour une fois, soyons honnêtes envers nous-mêmes !
Consultez-vous plusieurs fois par semaine une page fan « likée » un mois plus tôt ?
Avouez…

En dehors du community manager de la page, qui pense encore visiter régulièrement la fan page de Starbucks, de Coca-Cola ou de La Redoute ?
Dans ces conditions, êtes-vous certains que vos mille fans, acquis à grands frais, sur Facebook seront prêts à relayer fidèlement votre prochain message ?
Mille « followers« , ou abonnés, sur Twitter, seront probablement plus disposés à le faire. C’est en tout cas ce que semble montrer la statistique suivante :

Groupe sur Facebook ou #Hashtag sur Twitter ?
Comment fédérer une conversation sur un sujet donné ? Facebook, comme Google ou Linkedin, a su réinventer avec les groupes, le concept des forums de discussion. Notamment en donnant plus de visibilité aux profils des participants. Le groupe devient un badge que j’affiche dans mon profil comme on affiche un trophée.
Pourtant, après avoir rejoint dix, vingt ou cent groupes sur Facebook, les trophées prennent des allures de bibelots poussiéreux oubliés en haut d’une armoire.
Rien de tout cela avec le « hashtag« . Comprenez bien-sûr, un « mot-clé » précédé d’un « # » qui devient ainsi — Ô miracle — un lien cliquable sur Twitter. Un lien qui permet au simple visiteur de suivre les conversations utilisant un même hashtag. Et cela sans avoir à s’abonner aux comptes des participants de la conversation.
Idéal pour improviser un débat ou pour relayer un événement. Propre, et biodégradable, le hashtag, une fois délaissé, ne laisse aucun déchet derrière lui.
Théorie de l’évolution
Il faut donc se faire à l’idée que le principe de la sélection naturelle, imaginé par Darwin, s’applique aussi très bien aux entreprises, aux modes et aux comportements humains. Clin d’œil en passant aux adeptes de la mémétique qui depuis Richard Dawkins, ont bien compris que le principe de sélection naturelle était généralisable.
Comme les dinosaures en leur temps, Facebook est devenu trop lourd et trop complexe au fil de ses évolutions. C’est aussi ce qui a causé la perte de Netscape, Yahoo!, Myspace, ou Internet Explorer…
SoMoLoCo l’avenir sera SOcial, MObile, LOcal et COmmercial, ou il ne sera pas !

Servi à toutes les sauces lors du dernier Global Mobile Internet Conference (GMIC) qui s’est déroulé à Beijing en Chine fin avril, le SoMoLoCo, pour Social, Mobile, Local et Commercial, serait très probablement LA solution d’avenir pour le e-commerce en Chine… donc pour le monde.
S’il est vrai que Twitter s’est positionné dès l’origine sur la mobilité et l’hyperlocal avec la géolocalisation automatique des messages depuis un mobile équipé, le service de microblogging peine encore à trouver son modèle économique ; là où Facebook est devenu le premier annonceur publicitaire sur le Web.
Si le présent d’internet semble être aujourd’hui dans les mains de Mark Zuckerberg avec Facebook, il est probable que si l’avenir est l’internet mobile, local et léger, Twitter en sera — peut-être — le nouveau leader.
Et vous ?
Qu’allez-vous faire si ce sujet vous interpelle ? Un retweet sur Twitter ? Ou un like sur Facebook ?
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