Articles datant de juin, 2006

Médias locaux en mal de participation

Le principal écueil dans la participation active des citoyens à la fabrication de l’information est essentiellement culturel.

Alain Moreau, initiateur de PaysDeChateaubriant.fr témoigne ici du manque de participation des utilisateurs de l’information locale. Les gens ont des difficultés pour passer du statut de lecteur à celui de producteur d’information.

« Ils préfèrent m’envoyer un mail pour me dire de passer l’information. (…) J’ai monté ce site pour apporter des services aux gens en les renseignant sur les horaires de cars de trains, les pharmacies de garde, les cinés. Nous sommes ici, au milieu de nulle part, en Pays de La Loire, à 6 kilomètres de la Bretagne, à cheval sur quatre/cinq départements. Le coté positif est qu’il y a possibilité de faire la nique à Ouest-France, car ici, pour être informés, les gens doivent acheter 4 éditions… »

Il n’est pas facile de remettre en question le rôle des producteurs de l’information et celui des destinataires. En effet, depuis l’invention de la presse écrite, que l’on peut symboliquement attribuer à Théophraste Renaudot, rédacteur de La Gazette (1631), rédacteurs et lecteurs ont toujours été conceptuellement séparés et considérés comme deux statuts distincts. Emetteur d’un coté, récepteur de l’autre, la théorie de l’information, de Claude Shannon et Waren Weaver (1948) a même porté cette séparation comme un axiome de départ non discutable.

S’il y a aujourd’hui quelque chose à retenir du succès, au moins sémantique, du Web 2.0, c’est la démocratisation de l’approche centrée utilisateur (user centric), qui remet à sa juste place, c’est-à-dire au centre, l’utilisateur final des services et des applications Web 2.0.
Pour tous les services qui proposent de l’information, cette approche centrée sur l’utilisateur conduit le plus souvent à considérer les différents statuts de producteur d’information et de consommateur d’information, comme étant des rôles possibles pour un seul et même individu, nommé « utilisateur ».

Le schéma classique : production -> canal de diffusion -> réception de l’information, qui séparait dans l’espace et le temps producteur d’un coté, et récepteur de l’autre, peut faire place aujourd’hui au schéma simplifié : utilisateur <-> communication. (voir le Miroir de communication, modèle énoncé en 2003 par le projet Ru3)

C’est pour aller dans le sens de cette simplication que nous lancerons prochainement NewsMe, un projet Web 2.0 qui ambitionne de replacer réellement l’utilisateur au centre de l’échange d’information.

Le Web 2.0 est-il déjà rentré dans l’entreprise ?

Philippe Nieuwbourg, journaliste indépendant et animateur de la communauté StrategieWeb20, présente la première conférence Web 2.0 consacrée à l’entreprise.

Les meilleurs extraits des principales présentations (non-exhaustif…) :

Quentin Sannie, fondateur de Mandragore et de lenouveauconsommateur.com

« Le nombre des cyberacheteurs augmente 4 fois plus vite que le nombre d’internautes. »

« Le volume des contenus produits par les amateurs dépasse le volume de ceux produits par les professionnels. »

Les questions des entreprises à la recherche de modèles économiques pour le Web 2.0 :

  1. Comment profiter des outils et des usages ; comment puis-je devenir un nouvel intermédiaire indispensable ?
  2. Comment émerger dans le net, comment conserver la préférence des utilisateurs et gagner la bataille de l’audience.
  3. Comment identifier les outils et les business modèles ; comment acquérir de l’expérience et maîtriser les investissement ?

Sébastien Simoni, directeur général de WebzineMaker, présente son générateur de blogs et sa plateforme de publication.

Dans la foulée, présentation de xFruits qui permet de composer en ligne son système d’information personnalisé. Pour xFruit, « le Rss est à la base du futur web.2.0 ».

Carlos Diaz (Group Reflect) présente BlueKiwi.
Et rappelle ici les principales caractéristiques du web 2.0 :

  1. Communautaire (Wikipedia, Flickr, LinkedIn)
  2. Approche info-acteur (Wikio, Agoravox, Bloglines)
  3. User centric (Netvibes, Writely, Goffice)
  4. Donne du sens au contenu (Technorati, Delicious, Googlemaps)

Ce qui a motivé le développement de BlueWiki : comment importer le web 2.0 dans l’entreprise. Chaque collaborateur a un savoir et une créativité unique. Mais pour exploiter ces richesses individuelles, il faut un outil qui permette de rendre visible ces idées, cette expérience.

Le cycle de la valeur de l'information

« Plus une information stratégique est ancienne, plus sa valeur décroît ». (ci-dessus)

Jean-Christophe Cimetière (Microsoft)
La position et les offres de Microsoft autour du Web 2.0
Quelques préceptes :

  1. Les usages changent (power to the user). les consommateurs deviennent acteurs (blogging, rating, wiki, partage vidéo)
  2. L’expérience utilisateur au coeur. Les interfaces sont plus dynamiques : Ajax, et RIA (rich internet application), les applications hors navigateur mais connectées via internet (GoogleEarth, Sype)
  3. Le web en tant que plate-forme programmable (www.programmableweb.com, une liste de mashups)
  4. Les modèles économiques évoluent…

Alain Lefebvre présente 6nergies.

« On entre dans une sphère d’hyper-visibilité »

Si l’on veut protéger son intimité, la bonne manière est de gérer son image extérieure, et de garder pour soi sa vie personnelle…

Yann Jaegle, directeur d’Aubay, présente ACube, un framework (une boite à outil) open source permettant de construire des applications web 2.0
Principe : Ajax permet d’afficher tout en une page, on charge tout le flux xml depuis la base de données, mais le client n’affiche que ce qui lui est utile. On peut, sans rafraîchissement de la page, afficher un détail ou une information filtrée selon les critères de l’utilisateur.

Emmanuel Levi-Valensi, directeur associé chez People In Action (éditeur, fabrique des applications et prestations de conseil). Spécialiste en conception d’interfaces riches centrées utilisateurs.
Se poser la question du « pourquoi » (concept, ce que l’on veux faire) avant celle du « comment » (quel framework, quelle technologie)
Pour commencer, constituer une équipe pluridisciplinaire. Ex. : un architecte, un designer, un développeur, un expert métier, un chef de projet.
Rôle du designer : rendre utilisable le produit.
L’utilisateur est au centre de la démarche, c’est-à-dire au centre de cette équipe.

Phases à suivre :

  1. Analyse des besoins
  2. Spécification du design
  3. Tests et implémentation.
  4. Livraison
  5. Retour utilisateur : ça marche ou pas.

Sur la première phase d’analyse des besoins (phase critique), pas la peine d’aller plus loin si on ne connaît pas les besoins.

  • Objectifs : connaitre les utlisateurs, leurs souhaits, leur niveau, leur comportement
  • Moyens : interview, études, observation, audit, analyse des taches
  • Livrables : document de vision (une ou deux pages efficaces), marketing, synthèse de projet, utilisateur type, scénarios d’utilisation, métrique et critères de succès.

Scénarios d’utilisation : on imagine différents profils d’utilisateurs (avec des besoins différents face à l’application)

« L’ergonomie c’est au début, le graphisme à la fin. »

Phasage : adopter le principe des 5 « S » (à traiter dans l’ordre suivant) : Stratégie, Scope, Squelette, Structure, Surface.
Plus d’infos : Productivity By Design
Merci pour tant de si bons conseils ! A chacun maintenant de les mettre en pratique.

Stratégie Web 2.0, conférence sur les applications professionnelles 2.0

Demain jeudi 22 juin au CNIT, Paris-La Défense, aura lieu la journée Stratégie Web 2.0 organisée par Philippe NIEUWBOURG, animateur de la communauté Strategie Web 2.0.

A moins que vous ne soyez resté coupé d’Internet depuis des mois, vous n’avez pas pu manquer cette tendance arrivée des Etats-Unis, appelée « Web 2.0 ».
Et même si cette appellation est, à l’origine, très connotée marketing, le Web 2.0 commence à faire son chemin dans le monde professionnel.

On retrouvera demain à cette occasion :

Christophe Ginisty, Directeur Général de PointBlog
Quentin Sannie, président-fondateur de Mandragore
Carlos Diaz, directeur général de blueKiwi
Sébastien Simoni, directeur général de WebzineMaker
Franck Dumesnil, auteur du livre « les podcasts »
Luc Mornat, gérant de ITSphere
Alexandre Schneider, PDG de Prelytis
Mathieu Isaia, directeur associé de People In Action
Serge Papo, directeur et co-fondateur de Nomination.fr
Yann Jaegle, directeur Aubay Systèmes d’Information
Alain Lefebvre, directeur de 6nergies.net
Jean-Christophe Cimetière, chef de produit Plate-forme & .NET chez Microsoft France

Inscriptions sur http://www.strategieweb20.com/

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Nano-paiement pour nano-économie


Olivier Auber présente la banque du peer to peer.

Avec la recherche de nouveaux modèles économiques sur internet, on assiste à l’émergence de projets qui pourraient généraliser la pratique du nano-paiement.

Pour le partage d’information ou pour le partage de fichiers en peer to peer, des tiers de confiance doivent se mettre en place.

Olivier Auber (Anoptique.com) nous propose de créer la banque du peer to peer pour encourager et rétribuer ceux qui souhaitent partager leurs contenus en ligne.

On suivra également l’exemple d’IndieKarma, un système désormais intégré à ce blog, qui permet de rémunérer à coup de 1 centime, l’auteur du blog visité.
Pour inciter les lecteurs, comme les auteurs, IndieKarma crédite de 1 dollars chaque nouvel inscrit. Cette somme vous permettra de rémunérer cent blogs ! Ou bien cent fois un même auteur… Seule condition : les blogs visités doivent avoir souscrit au service, tout comme les visiteurs.

Alors, cette nouvelle économie, je veux dire l’économie 2.0, sera-t-elle l’ère de la nano-économie ?

Une journée à l’Ensam sous le signe de l’intelligence collective

Les meilleurs extraits de la journée :

Miguel Membrado : « Apprendre à utiliser un blog, c’est pas compliqué. Apprendre à changer ses pratiques et son mode de pensée pour produire quotidiennement des informations, c’est beaucoup plus difficile… »

Richard Collin : « Le web 2.0 c’est pas le Big Bang, mais une série de Small Bang ».
« La réputation est au centre de la diffusion de l’information et de l’évolution des usages et des technos. »

Marc de Fouchécour : « On assiste à une évolution de la notion de réputation : »

  1. Qu’est-ce que je sais (mon diplôme, mon CV…)
  2. Qui je connais (mes relations, mes contacts)
  3. Qui me connaît (qui sont ceux qui me connaissent, qui se réfère à moi)

Fabien Lair : « Avant, les projets se faisaient après l’écriture d’un cahier des charges, d’un cahier des spécifications, d’une décision de déploiement, et d’un déploiement… Maintenant les projets se construisent pendant le projet ».

Marc de Fouchécour : « Quand on passe d’une validation a priori (avant), à une validation a posteriori (après), on fluidifie immédiatement la circulation de l’info. Les résumés d’information, comme les commentaires, n’ont pas besoin d’être validés, dès lors que l’on peut accéder à la source de l’information. Le vrai problème de la validation étant de savoir qui a une légitimité pour valider ?  »

Richard Collin (ICCE-link.com) (ex-Trivium), a présenté en avant-première le résultat de l’étude « Efficacité collective 2006, connaître et comprendre son style de travail ».

Cette étude, commandée par Microsoft, a été menée auprès de 2600 personnes.

Extraits des meilleurs commentaires de cette étude :

« Le collaboratif est d’abord une culture. »

« Collaborer nécessite un investissement de temps important. »

« On reçoit l’info en quantité excessive ».

« Aujourd’hui : on ne collabore pas ; demain : on devra collaborer. »

« Collaborer oui, mais l’enfer c’est les autres. »

« Je suis surinformé, je manque de temps, … »

« Il y a un déficite important de formation… »

« Il y a une absence de transparence et de reconnaissance. »

Pour conclure, Richard Collin nous livre les dix commandements du knowledge entrepreneur (désolé, je n’en ai retenu que trois…) :

  • Venir au travail chaque jour en étant prêt à être viré.
  • C’est plus facile de demander pardon, que de demander la permission.
  • Honorer ses sponsors.

Sur ces journée, voir aussi :
Les vidéos de Jean Mariotte (Ensam) : http://www.dailymotion.com/jeanmariotte/ensam
Le blog de Marc de Fouchécour : Globeing.net
L’article sur le blog de Jean Mariotte : Journée KM 2006 aux Arts & Métiers
Le programme officiel de la journée : Journées de projets KM
Le wiki de test : http://webdeux.pbwiki.com/

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