Archives pour la catégorie collaboration

Manager en bordure du chaos

Chaos
Photo Ryan Gallagher

Manager en bordure du chaos c’est trouver cette frontière ténue sur laquelle les personnes et leurs organisations pourront mettre en phase leur créativité avec le monde extérieur.

Les intelligences individuelles à l’intérieur d’organisations structurées ne suffisent plus à assurer le succès des entreprises.

Car l’environnement dans lequel évoluent aujourd’hui les organisations n’est plus prédictible.

Les rythmes internes des entreprises sont inévitablement amenés à se désynchroniser des rythmes externes.

Les organisations qui vont rapidement dépasser les autres sont celles qui, dès maintenant, vont mettre en pratique l’intelligence collective.

Les entreprises qui se considèrent comme des navires étanches au monde extérieur vont traverser le chaos comme on traverse un océan déchaîné. Il est probable que peu d’entre elles arriveront à destination.

L’entreprise qui évolue sur la bordure du chaos est une organisation ouverte et connectée en permanente sur l’extérieur. Elle se développe dans un écosystème d’information, et y puise ses ressources.

En élargissant ses points de contacts avec son environnement, l’organisation multiplie ses possibilités d’évolution.

A présent, la bordure du chaos est bien le lieu de l’émergence et de l’innovation pour les entreprises 2.0.

Je dédie cette courte réflexion aux personnes rencontrées ces dernières semaines avec qui nous avons pu partager en toute simplicité nos points de vues. Ces réflexions me guident à présent dans la mise en place d’un réseau de compétences (Les Explorateurs du Web 2.0), ouvert et indépendant, regroupant des personnes réunies par un heureux mélange de hasards et d’affinités.

Mash-Pit chez Google avec Rasmus Lerdorf, le père du PHP


Lire au format QuickTime (meilleure qualité) – (.mov) – Durée : 10:13

 

Nouvelle journée dans les locaux de Google à Paris, pour participer ce dimanche à un Mash-Pit. Comme les BarCamps, il s’agit encore d’un concept venu d’outre-Atlantique !

Manifestation inventée par Chris Messina, le terme Mash-Pit a certainement été inspiré de Mosh Pit, une sorte de danse tribale punk/hardcore des années 70, où les participants forment généralement un cercle. Ici le terme utilisé : « Mash » est emprunté aux Mashups, des applications web hybrides reprenant des sources externes préexistantes (API, flux RSS, Javascripts…).

Donc, même si on ne comprend pas tout, on perçoit bien que le concept du Mash-Pit est un truc composite, reprenant lui-même d’autres trucs composites… et qui permet à un groupe de personnes de faire quelque chose ensemble.

La finalité du Mash-Pit (ou Mashpit) est de réaliser, en petits groupes et en une journée, des mini-applications utilisant des web-services.

On est là dans cette zone appelée « la bordure du chaos« , que j’affectionne tout particulièrement, car l’on sur cette frontière ténue, les phénomènes d’auto-organisation qui conduisent, notamment, à l’émergence du vivant et de l’intelligence.

Mash-Pit or MashPit

Déroulement de la journée
Les sujets sont proposés par les participants le jour même et un vote est organisé pour choisir quels sont les projets qui seront développés.

Dimanche 12 novembre, dans les locaux de Google, 3 équipes de 6 à 12 personnes ont été constituées, et 3 applications ont été développées.

Rasmus Lerdorf and Ori Pekelman
Assis au milieu : Ori Pekelman, debout : Rasmus Lerdorf, à droite : Alexandre Solleiro.

On notera le présence, très médiatique, de Rasmus Lerdorf, l’inventeur du PHP, mais aussi celle de Steffen Meschkat, créateur des Google maps. On citera également Eric Case, directeur des blogs chez Google Code, et donc très impliqué dans l’activité de Blogger.

Les Mash-Pit nous alertent, une fois de plus, sur les changements qu’il est urgent d’engager dans nos entreprises et dans nos organisations, ce que rappelait récemment ici Jean-Pierre Corniou. Changements qui doivent commercer, bien-sûr, par ceux de nos modes de pensées.

Car aujourd’hui, c’est un fait, il faut désormais composer avec le chaos conséquent à l’évolution accélérée d’un environnement de plus en plus complexe…

Site officiel : http://mashpit.org/
Wiki officiel : http://mashpit.pbwiki.com/MashPitParis
L’API Crowd-Up, développée lors du mashpit

La fin de l’annuaire Google basé sur Dmoz ?

google-annuaire

Qui utilise encore aujourd’hui l’annuaire de Google, basé sur le travail de fourmis de 74.719 éditeurs bénévoles, et dont je fais très modestement parti ?

Et qui s’est aperçu depuis ces quinze derniers jours, qu’il est impossible de soumettre de nouveaux sites aux éditeurs ? Est-ce le signe avant coureur de la fin de cet annuaire, basé en réalité sur Dmoz, Open Directory Project, la plus importante base de données « construite par des humains » et utilisée non seulement par Google, mais aussi par ses concurrents, et notamment Yahoo Directory.

DMOZ-unavailable

Un problème technique qualifié de critique paralyse en effet la base de données qui référence plus de 4 millions d’adresses, et empêche toute intervention de la part des milliers d’éditeurs réduits pour le moment à échanger leur sentiment d’impuissance dans les forums internes. On y apprend, que la réparation prendra certainement encore plusieurs jours, voire plusieurs semaines !

N’est-ce pas le signe précurseur de la fin de ce modèle basé sur la modération « humaine », et que rappelle le slogan du projet : « human do it better » ? Car pour connaître le problème personnellement, la mise à jour continuelle des centaines de milliers de nouveaux sites soumis chaque jour à l’appréciation des éditeurs, est une tâche sans fin, de plus en plus lourde, et finalement très peu valorisante.

Finalement, les robots qui indexent continuellement, et sans fatigue, le web, n’ont-ils pas eu raison des humains ?

Dmoz, édition francophone

Frédéric Soussin : un blog c’est la reconnaissance d’un territoire


Lire au format QuickTime (meilleure qualité) – Durée : 07:00

 
Comment impliquer les individus à défendre l’intérêt collectif ? Extraits d’un (dis)cours magistral de clarté et d’intelligence de Frédéric Soussin.

« L’erreur qui était fréquente avant, c’était de demander aux autres de changer. Mais on ne peut pas changer les autres. Et ce fut surement la plus grosse erreur des premières communautés. Car la collaboration n’est pas un objectif en soi.

Aujourd’hui la bonne stratégie c’est la défense de l’intérêt collectif.
Pour cela il est préférable de commencer par impliquer seulement cinq personnes, même dans une entreprise de 10 000 personnes.

L’effet de viralité part toujours de la base. Quelque soit l’environnement.

Il faut avoir comme objectif l’intérêt collectif et non pas la collaboration ou la création de communauté, car il peut y avoir des effets sectaires, des oppositions, des contradictions.

Les blogs permettent d’amorcer une démarche de coopération collective.
Pour défendre l’intérêt collectif il faut obtenir en retour de la reconnaissance. Il faut reconnaitre l’individu dans sa création.

A l’extrême, il est préférable de laisser faire seuls ceux qui contribuent mieux seuls ; mais que tout le monde en profite. Et tout le monde sait que c’est moi.

En somme le blog est peut-être l’outil fondamental pour l’entreprise.
Car le blog c’est la reconnaissance d’un territoire.

Sur Internet, en effet, le plus difficile est de savoir où l’on habite.
Il est important que les contributeurs du blog de l’entreprise signent leurs articles, et qu’ils s’engagent ainsi personnellement.

Assumer la paternité de sa production n’est pas un risque. C’est une façon d’exister.

Dans l’entreprise il faut donc attribuer des territoires aux individus. Si nécessaire, un blog égale une personne. Et rassembler sur un seul blog ceux qui se sentent en affinité.

En somme il faut pousser les individus à contribuer à la communication de leurs organisations en leur offrant des territoires dans lesquels ils se sentent pleinement valorisés.

Une logique de formation entre pairs convient bien à ce type d’organisation.
On affecte alors à chacun la responsabilité d’espaces de formations, de savoir faire et de bulles de compétences. On donne ainsi aux individus des objectifs de contribution à l’intérêt collectif.

L’intérêt final de toutes ces technologies de facilitation, est de pouvoir agréger les contributions au niveau supérieur, afin de constituer un véritable média qui puisse être vu par une collectivité bien plus large. Et d’offrir par la suite des vues métiers spécifiques, par exemple orientées sur la production ou sur le marketing.

On sauve ainsi l’intérêt collectif grâce aux contributions individuelles, et on enrichi collectivement le débat.

En somme, il faut satisfaire l’égo des individus pour qu’ils apportent leur pierre à l’édifice. »

Extraits, librement retranscrits par moi-même (Luc Legay), de l’intervention de Frédéric Soussin dans la MasterClass « Communautés 2006 » qui s’est déroulée dans le cadre des rencontres ICC’2006, à Paris, en partenariat avec l’Académie de l’efficacité collective et du travail collaboratif et en réseau, et animée par Richard Collin (ICCE).

Eunika Mercier-Laurent présente le livre collectif multidomaine et multicultures

C’est un wiki qui a permis à Eunika Mercier-Laurent, de gérer le travail des 27 auteurs originaires de 20 pays qui ont co-écrit « Knowledge Economics, Principles, Practices & Policies« , un ouvrage de référence de 900 pages en 3 volumes.

Eunika Mercier-Laurent, qui se défini elle-même comme une architecte des flux des connaissances, est l’une des toutes premières spécialistes mondiales de l’innovation globale et du management des connaissances en entreprise.

Intervenante en août 2006 au symposium international de l’intelligence artificielle, l’ISAI’06, qui s’est tenu à Beijing en Chine. Cette conférence célébrait le 50e anniversaire de la conférence fondatrice de l’IA à Dartmouth.

Suite à la réussite de ce symposium, Eunika Mercier-Laurent a proposé à l’AFIA, l’association française d’intelligence artificielle, d’organiser le 3 novembre à Paris, les 50 ans de l’intelligence articificielle au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Knowledge Economics

Knowledge Economics, Tartu University Press, référence et présentation.
EML Conseil
Knowledge Economics sur Amazon
Economie de la connaissance, une définition qui reste à compléter sur Wikipédia.