Archives pour la catégorie gestion des connaissances

Carlos Diaz : Aujourd’hui les individus collaborent spontanément



« Aujourd’hui les individus collaborent spontanément, en dehors de toute structure…»
Carlos Diaz s’exprimait ainsi dans le cadre de la conférence « Tous Ecoopreneurs » organisée à Ivry-sur-Seine le 11 février 2009.

Après voir contruit leurs systèmes d’information, il appartient maintenant aux entreprises de construire leurs systèmes de relations, afin de manager ses relations. Relations avec ses collaborateurs, avec ses partenaires et avec ses clients.

Carlos Diaz est le fondateur et PDG de BlueKiwi Software.

Wiki School (3) : les explorateurs et passeurs du Web

J’ai eu le grand privilège de vous annoncer pour la première fois, à l’occasion de cette Wiki School vidéocastée, l’existence des « Explorateurs » du Web, 1, 2, 3 et au-delà.

Leur mission : découvrir, comprendre, simplifier et enfin transmettre aux autres, leur connaissance de ces nouveaux outils qui sont maintenant à portée de main. Des outils le plus souvent très simples d’utilisation, mais dont la profusion provoque quelques peurs bien légitimes.

Le groupe, qui réuni aujourd’hui seize personnes, expérimentateurs et experts des usages du web, travaille à de prochaines publications collectives qui permettrons aux non-initiés de mettre en application de nouvelles pratiques. En mars, les Explorateurs et Passeurs du web, seront à Clermont-Ferrand dans le cadre du festival international VidéoFormes pour une participation active à des forums et ateliers où l’on pratiquera les outils innovants du Web 2.0 et plus…

Les explorateurs du Web 2.0
De gauche à droite, en haut : Frédéric Soussin, Sylvie Le Bars, Sébastien Sauteur, Luc Legay, Marc Tirel, Mathieu Coste. En bas : Jean-Marie Le Ray, Franck Dumesnil, Xavier de Mazenod, Loiez Deniel.

En savoir plus sur les Explorateurs du Web :

Autorité informationnelle contre popularité

autorité informationnelle

Représentation de l’autorité informationnelle au centre (i), définie par l’autorité énonciative (E), l’autorité de contenu (C), l’autorité du support (S) et l’autorité du groupe, ou de l’institution (G). (Libre interprétation de Luc Legay réalisée à partir des travaux d’Evelyne Broudoux).


La pertinence des résultats de recherche donnés par Google ou Technorati est souvent prise en défaut. Car ces moteurs de recherche confondent trop souvent l’autorité d’un document avec sa popularité.

Pourtant « une écrasante majorité d’utilisateurs considère que les résultats donnés par les moteurs de recherche sont fiables », explique Evelyne Broudoux, alors que ces moteurs font davantage autorité par opacité sur la façon de calculer la pertinence de l’information.

Evelyne Broudoux, maître de conférences en Sciences de l’information et de la communication est l’auteur d’une publication où elle propose de définir un nouveau type d’autorité : l’autorité informationnelle.

Cette forme se fonde sur quatre types d’attribution d’autorités distinctes mais interdépendantes :

  • Autorité énonciative (auteur, mais aussi traducteurs et commentateurs…)
  • Autorité institutionnelle (éditeur, distributeur),
  • Autorité de contenu (genre, qualité, sources, paratexte…),
  • Autorité du support de publication (unique, périodique, multi-édition, audio…)

En appliquant ce modèle d’autorité au contexte d’une publication sur le web, l’auteur constate un réel changement de paradigme. Par exemple, l’autorité institutionnelle s’affaiblit sous l’effet de l’influence des groupes et des communautés (« G » dans le schéma, pour autorité du groupe). Le support de publication (« S » dans le schéma), qui devient sur le web l’outil de publication (blog, wiki, forum…), contribue largement au mélange des rôles, notamment entre celui d’éditeur, d’auteur, de modérateur, ou de transformateur de contenu.

Dans le schéma réalisé ici, j’ai tenté d’interpréter visuellement les relations d’interdépendance des autorités qui construisent l’autorité informationnelle centrale décrite par Evelyne Broudoux.

Cette proposition qui consiste à préciser le poids des différents acteurs susceptibles de faire autorité, conduit en fin de compte à une remise en question globale des autorités. Et par conséquent des notions de confiance et de légitimité rattachées à l’information.

Evelyne Broudoux : Construction de l’autorité informationnelle sur le web.
Via : Jean-Luc Raymond.

Manager en bordure du chaos

Chaos
Photo Ryan Gallagher

Manager en bordure du chaos c’est trouver cette frontière ténue sur laquelle les personnes et leurs organisations pourront mettre en phase leur créativité avec le monde extérieur.

Les intelligences individuelles à l’intérieur d’organisations structurées ne suffisent plus à assurer le succès des entreprises.

Car l’environnement dans lequel évoluent aujourd’hui les organisations n’est plus prédictible.

Les rythmes internes des entreprises sont inévitablement amenés à se désynchroniser des rythmes externes.

Les organisations qui vont rapidement dépasser les autres sont celles qui, dès maintenant, vont mettre en pratique l’intelligence collective.

Les entreprises qui se considèrent comme des navires étanches au monde extérieur vont traverser le chaos comme on traverse un océan déchaîné. Il est probable que peu d’entre elles arriveront à destination.

L’entreprise qui évolue sur la bordure du chaos est une organisation ouverte et connectée en permanente sur l’extérieur. Elle se développe dans un écosystème d’information, et y puise ses ressources.

En élargissant ses points de contacts avec son environnement, l’organisation multiplie ses possibilités d’évolution.

A présent, la bordure du chaos est bien le lieu de l’émergence et de l’innovation pour les entreprises 2.0.

Je dédie cette courte réflexion aux personnes rencontrées ces dernières semaines avec qui nous avons pu partager en toute simplicité nos points de vues. Ces réflexions me guident à présent dans la mise en place d’un réseau de compétences (Les Explorateurs du Web 2.0), ouvert et indépendant, regroupant des personnes réunies par un heureux mélange de hasards et d’affinités.

Frédéric Soussin : un blog c’est la reconnaissance d’un territoire


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Comment impliquer les individus à défendre l’intérêt collectif ? Extraits d’un (dis)cours magistral de clarté et d’intelligence de Frédéric Soussin.

« L’erreur qui était fréquente avant, c’était de demander aux autres de changer. Mais on ne peut pas changer les autres. Et ce fut surement la plus grosse erreur des premières communautés. Car la collaboration n’est pas un objectif en soi.

Aujourd’hui la bonne stratégie c’est la défense de l’intérêt collectif.
Pour cela il est préférable de commencer par impliquer seulement cinq personnes, même dans une entreprise de 10 000 personnes.

L’effet de viralité part toujours de la base. Quelque soit l’environnement.

Il faut avoir comme objectif l’intérêt collectif et non pas la collaboration ou la création de communauté, car il peut y avoir des effets sectaires, des oppositions, des contradictions.

Les blogs permettent d’amorcer une démarche de coopération collective.
Pour défendre l’intérêt collectif il faut obtenir en retour de la reconnaissance. Il faut reconnaitre l’individu dans sa création.

A l’extrême, il est préférable de laisser faire seuls ceux qui contribuent mieux seuls ; mais que tout le monde en profite. Et tout le monde sait que c’est moi.

En somme le blog est peut-être l’outil fondamental pour l’entreprise.
Car le blog c’est la reconnaissance d’un territoire.

Sur Internet, en effet, le plus difficile est de savoir où l’on habite.
Il est important que les contributeurs du blog de l’entreprise signent leurs articles, et qu’ils s’engagent ainsi personnellement.

Assumer la paternité de sa production n’est pas un risque. C’est une façon d’exister.

Dans l’entreprise il faut donc attribuer des territoires aux individus. Si nécessaire, un blog égale une personne. Et rassembler sur un seul blog ceux qui se sentent en affinité.

En somme il faut pousser les individus à contribuer à la communication de leurs organisations en leur offrant des territoires dans lesquels ils se sentent pleinement valorisés.

Une logique de formation entre pairs convient bien à ce type d’organisation.
On affecte alors à chacun la responsabilité d’espaces de formations, de savoir faire et de bulles de compétences. On donne ainsi aux individus des objectifs de contribution à l’intérêt collectif.

L’intérêt final de toutes ces technologies de facilitation, est de pouvoir agréger les contributions au niveau supérieur, afin de constituer un véritable média qui puisse être vu par une collectivité bien plus large. Et d’offrir par la suite des vues métiers spécifiques, par exemple orientées sur la production ou sur le marketing.

On sauve ainsi l’intérêt collectif grâce aux contributions individuelles, et on enrichi collectivement le débat.

En somme, il faut satisfaire l’égo des individus pour qu’ils apportent leur pierre à l’édifice. »

Extraits, librement retranscrits par moi-même (Luc Legay), de l’intervention de Frédéric Soussin dans la MasterClass « Communautés 2006 » qui s’est déroulée dans le cadre des rencontres ICC’2006, à Paris, en partenariat avec l’Académie de l’efficacité collective et du travail collaboratif et en réseau, et animée par Richard Collin (ICCE).