Articles utilisant le tag

Wiki School (3) : les explorateurs et passeurs du Web



J’ai eu le grand privilège de vous annoncer pour la première fois, à l’occasion de cette Wiki School vidéocastée, l’existence des “Explorateurs” du Web, 1, 2, 3 et au-delà.

Leur mission : découvrir, comprendre, simplifier et enfin transmettre aux autres, leur connaissance de ces nouveaux outils qui sont maintenant à portée de main. Des outils le plus souvent très simples d’utilisation, mais dont la profusion provoque quelques peurs bien légitimes.

Le groupe, qui réuni aujourd’hui seize personnes, expérimentateurs et experts des usages du web, travaille à de prochaines publications collectives qui permettrons aux non-initiés de mettre en application de nouvelles pratiques. En mars, les Explorateurs et Passeurs du web, seront à Clermont-Ferrand dans le cadre du festival international VidéoFormes pour une participation active à des forums et ateliers où l’on pratiquera les outils innovants du Web 2.0 et plus…

Les explorateurs du Web 2.0
De gauche à droite, en haut : Frédéric Soussin, Sylvie Le Bars, Sébastien Sauteur, Luc Legay, Marc Tirel, Mathieu Coste. En bas : Jean-Marie Le Ray, Franck Dumesnil, Xavier de Mazenod, Loiez Deniel.

En savoir plus sur les Explorateurs du Web :

Autorité informationnelle contre popularité

autorité informationnelle

Représentation de l’autorité informationnelle au centre (i), définie par l’autorité énonciative (E), l’autorité de contenu (C), l’autorité du support (S) et l’autorité du groupe, ou de l’institution (G). (Libre interprétation de Luc Legay réalisée à partir des travaux d’Evelyne Broudoux).


La pertinence des résultats de recherche donnés par Google ou Technorati est souvent prise en défaut. Car ces moteurs de recherche confondent trop souvent l’autorité d’un document avec sa popularité.

Pourtant « une écrasante majorité d’utilisateurs considère que les résultats donnés par les moteurs de recherche sont fiables », explique Evelyne Broudoux, alors que ces moteurs font davantage autorité par opacité sur la façon de calculer la pertinence de l’information.

Evelyne Broudoux, maître de conférences en Sciences de l’information et de la communication est l’auteur d’une publication où elle propose de définir un nouveau type d’autorité : l’autorité informationnelle.

Cette forme se fonde sur quatre types d’attribution d’autorités distinctes mais interdépendantes :

  • Autorité énonciative (auteur, mais aussi traducteurs et commentateurs…)
  • Autorité institutionnelle (éditeur, distributeur),
  • Autorité de contenu (genre, qualité, sources, paratexte…),
  • Autorité du support de publication (unique, périodique, multi-édition, audio…)

En appliquant ce modèle d’autorité au contexte d’une publication sur le web, l’auteur constate un réel changement de paradigme. Par exemple, l’autorité institutionnelle s’affaiblit sous l’effet de l’influence des groupes et des communautés (”G” dans le schéma, pour autorité du groupe). Le support de publication (”S” dans le schéma), qui devient sur le web l’outil de publication (blog, wiki, forum…), contribue largement au mélange des rôles, notamment entre celui d’éditeur, d’auteur, de modérateur, ou de transformateur de contenu.

Dans le schéma réalisé ici, j’ai tenté d’interpréter visuellement les relations d’interdépendance des autorités qui construisent l’autorité informationnelle centrale décrite par Evelyne Broudoux.

Cette proposition qui consiste à préciser le poids des différents acteurs susceptibles de faire autorité, conduit en fin de compte à une remise en question globale des autorités. Et par conséquent des notions de confiance et de légitimité rattachées à l’information.

Evelyne Broudoux : Construction de l’autorité informationnelle sur le web.
Via : Jean-Luc Raymond.

Manager en bordure du chaos

Chaos
Photo Ryan Gallagher

Manager en bordure du chaos c’est trouver cette frontière ténue sur laquelle les personnes et leurs organisations pourront mettre en phase leur créativité avec le monde extérieur.

Les intelligences individuelles à l’intérieur d’organisations structurées ne suffisent plus à assurer le succès des entreprises.

Car l’environnement dans lequel évoluent aujourd’hui les organisations n’est plus prédictible.

Les rythmes internes des entreprises sont inévitablement amenés à se désynchroniser des rythmes externes.

Les organisations qui vont rapidement dépasser les autres sont celles qui, dès maintenant, vont mettre en pratique l’intelligence collective.

Les entreprises qui se considèrent comme des navires étanches au monde extérieur vont traverser le chaos comme on traverse un océan déchaîné. Il est probable que peu d’entre elles arriveront à destination.

L’entreprise qui évolue sur la bordure du chaos est une organisation ouverte et connectée en permanente sur l’extérieur. Elle se développe dans un écosystème d’information, et y puise ses ressources.

En élargissant ses points de contacts avec son environnement, l’organisation multiplie ses possibilités d’évolution.

A présent, la bordure du chaos est bien le lieu de l’émergence et de l’innovation pour les entreprises 2.0.

Je dédie cette courte réflexion aux personnes rencontrées ces dernières semaines avec qui nous avons pu partager en toute simplicité nos points de vues. Ces réflexions me guident à présent dans la mise en place d’un réseau de compétences (Les Explorateurs du Web 2.0), ouvert et indépendant, regroupant des personnes réunies par un heureux mélange de hasards et d’affinités.

Frédéric Soussin : un blog c’est la reconnaissance d’un territoire



Lire au format QuickTime (meilleure qualité) - Durée : 07:00

 
Comment impliquer les individus à défendre l’intérêt collectif ? Extraits d’un (dis)cours magistral de clarté et d’intelligence de Frédéric Soussin.

« L’erreur qui était fréquente avant, c’était de demander aux autres de changer. Mais on ne peut pas changer les autres. Et ce fut surement la plus grosse erreur des premières communautés. Car la collaboration n’est pas un objectif en soi.

Aujourd’hui la bonne stratégie c’est la défense de l’intérêt collectif.
Pour cela il est préférable de commencer par impliquer seulement cinq personnes, même dans une entreprise de 10 000 personnes.

L’effet de viralité part toujours de la base. Quelque soit l’environnement.

Il faut avoir comme objectif l’intérêt collectif et non pas la collaboration ou la création de communauté, car il peut y avoir des effets sectaires, des oppositions, des contradictions.

Les blogs permettent d’amorcer une démarche de coopération collective.
Pour défendre l’intérêt collectif il faut obtenir en retour de la reconnaissance. Il faut reconnaitre l’individu dans sa création.

A l’extrême, il est préférable de laisser faire seuls ceux qui contribuent mieux seuls ; mais que tout le monde en profite. Et tout le monde sait que c’est moi.

En somme le blog est peut-être l’outil fondamental pour l’entreprise.
Car le blog c’est la reconnaissance d’un territoire.

Sur Internet, en effet, le plus difficile est de savoir où l’on habite.
Il est important que les contributeurs du blog de l’entreprise signent leurs articles, et qu’ils s’engagent ainsi personnellement.

Assumer la paternité de sa production n’est pas un risque. C’est une façon d’exister.

Dans l’entreprise il faut donc attribuer des territoires aux individus. Si nécessaire, un blog égale une personne. Et rassembler sur un seul blog ceux qui se sentent en affinité.

En somme il faut pousser les individus à contribuer à la communication de leurs organisations en leur offrant des territoires dans lesquels ils se sentent pleinement valorisés.

Une logique de formation entre pairs convient bien à ce type d’organisation.
On affecte alors à chacun la responsabilité d’espaces de formations, de savoir faire et de bulles de compétences. On donne ainsi aux individus des objectifs de contribution à l’intérêt collectif.

L’intérêt final de toutes ces technologies de facilitation, est de pouvoir agréger les contributions au niveau supérieur, afin de constituer un véritable média qui puisse être vu par une collectivité bien plus large. Et d’offrir par la suite des vues métiers spécifiques, par exemple orientées sur la production ou sur le marketing.

On sauve ainsi l’intérêt collectif grâce aux contributions individuelles, et on enrichi collectivement le débat.

En somme, il faut satisfaire l’égo des individus pour qu’ils apportent leur pierre à l’édifice. »

Extraits, librement retranscrits par moi-même (Luc Legay), de l’intervention de Frédéric Soussin dans la MasterClass “Communautés 2006″ qui s’est déroulée dans le cadre des rencontres ICC’2006, à Paris, en partenariat avec l’Académie de l’efficacité collective et du travail collaboratif et en réseau, et animée par Richard Collin (ICCE).

MasterClass Communautés 2006, ou comment collaborer en bonne intelligence


Lire au format QuickTime (meilleure qualité) - Durée : 06:03

Le travail collaboratif n’est pas devenu obligatoire, il est devenu incontournable… Pourtant, le non-usage des outils de collaboration dans les entreprises est accablant.

Le ton est donné.

Principaux intervenants s’exprimant ici :

  • Richard Collin (ICCE)
  • Jean-Michel Cornu (fing)
  • Yves Duron (NextModernity)
  • Frédéric Soussin (Ubiquité et partage)

Quelques unes des notions clés évoquées lors de cette MasterClass :

Les organisations souffrent et font de la résistance face aux technologies de la collaboration, ainsi qu’à leur représentation sur les réseaux.


Jean-Michel Cornu
(fing) : Le fait de se poser les bonnes questions en groupe, avec des points de vues différents, en s’efforçant de formuler les problèmes, c’est déjà apporter des réponses.

Frédéric Soussin (Ubiquité et partage) : comment je fais passer mes idées positives ?
Comment rester personnel dans un champ de mines antipersonnelles ?
Il n’y a rien de mieux qu’une bonne question.
Agir en “actes de résistance” plutôt qu’en actes d’évangélisation.

On constate de plus en plus qu’il y a une démotivation générale des salariés en entreprise, qui s’explique par un manque de visibilité sur le résultat de leur production. Comme si un boulanger qui pétri son pain ne pouvait jamais voir son produit fini. Comment trouver une motivation dans ces conditions ?

Marc de Fouchecour
(Ensam) : Les gens ne voulaient pas échanger leur expérience. Quelqu’un a eu l’idée de proposer un trophé. Le trophé était : “le droit à une publication en ligne” sur le site de l’entreprise… Et cela a fonctionné ! Parcequ’il y avait quelque chose à gagner : la reconnaissance et la visibilité.
Finalement on a tout publié !

Richard Collin (ICCE) : Nous devons donner des arguments à ceux qui doivent convaincre les autres de mettre en place une démarche collaboration en entreprise.

C’est un mythe de croire que le savoir faire est gardé dans l’entreprise. La connaissance n’est pas dans l’entreprise, elle est chez les gens (qui peuvent partir dès demain). Et le syndrome sécuritaire distillé par les entreprises empêche l’innovation des individus.

Alors qu’il faudrait dire : “Je préfère avoir 5% de mon information piquée sur internet plutôt que de ne pas voir mon information circuler dans l’entreprise.”

La question c’est l’animation et la création d’une communauté.
Elle fait référence à une pratique plutôt que des objectifs.
Fait référence à des connaissances qui se construisent ensemble.
Le rôle de l’encadrement et de l’animateur de la collaboration est de rendre les égoïsmes compatibles entre-eux. Il faut s’assurer que chacun gagne dans l’échange qui se construit. Et qu’il va gagner en reconnaissance.

Dans la collaboration en réseau, les verres de bières sont complémentaires.
La qualité de la modération du groupe repose beaucoup sur la rapidité des réponses apportées, mais aussi sur la patience et la temporisation.
Autres qualités de l’animateur-modérateur :

  • être concis sur les contenus,
  • accepter le désaccord,
  • favoriser des habitudes sociales nouvelles.

Conclusion de Richard Collin : “il faut faire ! Faire petit au départ, mais faire.”

Eunika Mercier-Laurent présente le livre collectif multidomaine et multicultures



ICC'2006 EUNIKA MERCIER-LAURENT Durée : 04:50

C’est un wiki qui a permis à Eunika Mercier-Laurent, de gérer le travail des 27 auteurs originaires de 20 pays qui ont co-écrit “Knowledge Economics, Principles, Practices & Policies“, un ouvrage de référence de 900 pages en 3 volumes.

Eunika Mercier-Laurent, qui se défini elle-même comme une architecte des flux des connaissances, est l’une des toutes premières spécialistes mondiales de l’innovation globale et du management des connaissances en entreprise.

Intervenante en août 2006 au symposium international de l’intelligence artificielle, l’ISAI’06, qui s’est tenu à Beijing en Chine. Cette conférence célébrait le 50e anniversaire de la conférence fondatrice de l’IA à Dartmouth.

Suite à la réussite de ce symposium, Eunika Mercier-Laurent a proposé à l’AFIA, l’association française d’intelligence artificielle, d’organiser le 3 novembre à Paris, les 50 ans de l’intelligence articificielle au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Knowledge Economics

Knowledge Economics, Tartu University Press, référence et présentation.
EML Conseil
Knowledge Economics sur Amazon
Economie de la connaissance, une définition qui reste à compléter sur Wikipédia.

La connaissance n’est pas un stock, c’est un flux



ICC'2006 : Jean-Pierre Corniou - Durée : 05:37

Dans le cadre des rencontres ICC’2006, on notera l’intervention remarquée lors de la séance plénière d’ouverture de Jean-Pierre Corniou, (EDS consulting)

Quelques extraits à retenir :

« Aujourd’hui il est facile de faire de la presse et de la vidéo avec des moyens réduits et légers.
Les nouvelles règles échappent aux institutions.
Il y a une remise en question de l’ordre établi à travers l’émergence de nouveaux moyens d’expression.
Le monde des marques, du business, de la politique, sont remis en cause dans leur fonctionnement.
Etes-vous sûr de la qualité des contenus lorsque vous lisez le Monde ou Libération ? Pas toujours. Mais vous connaissez la marque, et elle assume la responsabilité de des contenus qu’elle publie.
Sur internet c’est moins stable et moins lisible. Mais le processus de réitération continu des messages permet l’émergence d’une qualité et d’une pertinence sans cesse renouvelée.
La connaissance n’est pas un stock, c’est un flux.
Il ne faut pas avoir peur d’avoir aujourd’hui à sa porté de plus en plus d’information. Car c’est sur cette base que se créée notre connaissance. »

Technology Blogs - Blog Top Sites