Archives pour la catégorie systémique

Joël de Rosnay : internet, complexité, écosystèmes, santé… les scénarios du futur pour 2020


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Rencontre il y a quelques jours avec Joël de Rosnay, à l’occasion de la parution de son dernier livre : 2020, les scénarios du futur. Interviewé par Denis Failly, pour RU3 et les entretiens du futur.

Internet du futur, écosystèmes informationnels, sciences de la complexité, environnement et énergies renouvelables, santé et homme augmenté… Joël de Rosnay résume pour RU3 quelques-uns des scénarios du futur détaillés dans son ouvrage.

Joël de Rosnay, prospectiviste, est conseiller du Président de la Cité des Sciences et de l’Industrie de Paris.

Pour en savoir plus : Chez l’éditeur : Des idées et des hommes.
Sur le site interactif : 2020, les scénarios du futur.

Petit déjeuner autour d’Edgar Morin


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Petit déjeuner autour d’Edgar Morin, à l’occasion de la parution du livre collectif « L’intelligence de la complexité », paru sous la direction de Jean-Louis Le Moigne et d’Edgar Morin aux éditions de l’Aube.

Entre deux madeleines trempées dans son café, Edgar Morin évoque l’aventure de la pensée complexe qui l’a mener à publier avec Jean-Louis Le Moigne cet ouvrage, tiré du colloque de Cerisy de 2005.

Edgar Morin situe le début de l’aventure de la complexité dans les années 50. En même temps qu’apparaissent les premières connexions entre la cybernétique, la théorie des systèmes et la théorie de l’information. Idées à partir desquelles va émerger la notion d’auto-organisation.

Malheureusement, ces idées, issues de mathématiciens et d’ingénieurs, n’ont pas fécondé les autres sciences, comme la biologie, la physique et les sciences humaines. Notamment à cause des barrières structurelles et interdisciplinaires dressées par l’université et les organismes de recherche.

Mais aussi parce que notre connaissance scientifique obéit toujours aux principes de disjonction et de séparation des disciplines.

Ce n’est que très récemment, à la suite du séquençage du génome humain, que l’on a pris conscience que le résultat du séquençage n’était pas directement compréhensible.

On réalise en effet que cette compréhension ne sera possible qu’à travers l’analyse des relations et des interactions qui relient entre-elles les parties, et qui relient le tout avec les parties.

Dès lors, nous ne sommes pas seulement dans une période de changement, nous sommes aussi dans un changement d’époque.

Tous mes remerciements aux associations qui ont organisé cette rencontre : MCX-APC, l’association pour la pensée complexe, et le Centre international de prospective.

Luc Steels : il est impossible de programmer l’intelligence


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Pour Luc Steels l’intelligence artificielle est maintenant omniprésente dans notre environnement. Les algorithmes du moteur de recherche Google utilisent par exemple des techniques d’intelligence artificielle. Microsoft Word utilise aussi des algorithmes d’intelligence artificielle pour la correction grammaticale. Les jeux, comme les Sims, font également appel à l’IA, notamment aux systèmes multiagents (SMA). De même de nombreux sites et services web utilisent des techniques issues de l’intelligence artificielle.

Mais il ne faut surtout pas négliger l’attitude expérimentale : c’est en construisant des systèmes qu’on fera des progrès.

Il est impossible de programmer l’intelligence, car l’intelligence est tellement complexe qu’il n’est pas possible de la transcrire en lignes de code.

L’intelligence et la connaissance humaine ne sont pas transposables dans une machine. C’est plutôt la démarche de l’intelligence humaine, notamment à travers l’utilisation de systèmes autonomes et multiagents, qui est imitable. Il s’agit dès lors de savoir comment le langage peu émerger entre ces agents artificiels. C’est pourquoi nous devons travailler sur ces questions de l’émergence.

Luc Steels nous propose quelques pistes de réflexion pour le développement de l’IA :

L’intelligence artificielle doit nous aider a résoudre les problèmes liés à la complexité des gros systèmes et des réseaux. Notamment pour gérer la sécurité, la surinformation, ou encore la fiabilité de ces systèmes.

Comment vivre ensemble mais sans perdre la richesse de nos diversités culturelles ? Le web et ces outils peuvent nous aider dans ce sens. Et l’intelligence artificielle doit nous aider

Si nous continuons sur notre lancée, nous allons arriver à une catastrophe écologique : nous avons la mission, nous scientifiques, d’assumer nos responsabilités et proposer rapidement des solutions à ce problème majeur.

Luc Steels est chercheur en intelligence artificielle depuis 35 ans. Il est actuellement directeur du laboratoire Computer Science Lab (CSL) de Sony, à Paris.

Patrick Saint-Jean : 40 ans de recherche en intelligence artificielle

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A l’occasion des 50 ans de l’Intelligence Artificielle, rencontre avec Patrick Saint-Jean, une figure de la cybernétique et de la systémique, maître de conférence à l’École Normale supérieure de Cachan.

Ancien collaborateur de Iannis Xénakis, le travail de Patrick Saint-Jean a surtout été influencé par des personnalités remarquables telles que : Kevin Kelly, Louis Couffignal, Louis Lapicque, Norbert Wiener, Nicolas Schöffer, Henri Laborit, Von Bertalanffy, et Marvin Minsky.

Patrick Saint-Jean présente ici un système de représentation dynamique de concepts : le « Polyagogic cyberspace« . La démo est basée sur le sommaire d’un ouvrage de référence : Intelligence artificielle, de Stuart Russell et Peter Norvig.

Le nom de PolyAgogie a été donnée par Iannis Xenakis en 1976 au Système Informatique de Laboratoire Opérationnel pour la Composition Musicale et Visuelle (SILOCOMUVI) conçu par Patrick Saint-Jean. C’est dans les années 90 qu’il a conçu une nouvelle version plus cybernétique et systémique appelée PolyAgogic CyberSpace, en hommage à son regretté maître Xenakis, et présentée à la Cité des Sciences au Colloque ASTI 2001.

Plus d’informations sur les travaux de Patrick Saint-Jean :

Agogique : Nom proposé par H. Riemann pour désigner la doctrine du mouvement dans l’exécution musicale.