Autorité informationnelle contre popularité

autorité informationnelle

Représentation de l’autorité informationnelle au centre (i), définie par l’autorité énonciative (E), l’autorité de contenu (C), l’autorité du support (S) et l’autorité du groupe, ou de l’institution (G). (Libre interprétation de Luc Legay réalisée à partir des travaux d’Evelyne Broudoux).


La pertinence des résultats de recherche donnés par Google ou Technorati est souvent prise en défaut. Car ces moteurs de recherche confondent trop souvent l’autorité d’un document avec sa popularité.

Pourtant « une écrasante majorité d’utilisateurs considère que les résultats donnés par les moteurs de recherche sont fiables », explique Evelyne Broudoux, alors que ces moteurs font davantage autorité par opacité sur la façon de calculer la pertinence de l’information.

Evelyne Broudoux, maître de conférences en Sciences de l’information et de la communication est l’auteur d’une publication où elle propose de définir un nouveau type d’autorité : l’autorité informationnelle.

Cette forme se fonde sur quatre types d’attribution d’autorités distinctes mais interdépendantes :

  • Autorité énonciative (auteur, mais aussi traducteurs et commentateurs…)
  • Autorité institutionnelle (éditeur, distributeur),
  • Autorité de contenu (genre, qualité, sources, paratexte…),
  • Autorité du support de publication (unique, périodique, multi-édition, audio…)

En appliquant ce modèle d’autorité au contexte d’une publication sur le web, l’auteur constate un réel changement de paradigme. Par exemple, l’autorité institutionnelle s’affaiblit sous l’effet de l’influence des groupes et des communautés (« G » dans le schéma, pour autorité du groupe). Le support de publication (« S » dans le schéma), qui devient sur le web l’outil de publication (blog, wiki, forum…), contribue largement au mélange des rôles, notamment entre celui d’éditeur, d’auteur, de modérateur, ou de transformateur de contenu.

Dans le schéma réalisé ici, j’ai tenté d’interpréter visuellement les relations d’interdépendance des autorités qui construisent l’autorité informationnelle centrale décrite par Evelyne Broudoux.

Cette proposition qui consiste à préciser le poids des différents acteurs susceptibles de faire autorité, conduit en fin de compte à une remise en question globale des autorités. Et par conséquent des notions de confiance et de légitimité rattachées à l’information.

Evelyne Broudoux : Construction de l’autorité informationnelle sur le web.
Via : Jean-Luc Raymond.

4 réflexions au sujet de « Autorité informationnelle contre popularité »

  1. Bonjour

    Merci pour cet article synthétique qui envisage l’autorité comme un système à multiples facettes en construction dynamique permanente !

    Ceci n’est évidemment qu’un point de vue (celui de son auteur) : il n’a donc qu’une valeur relative mais je le trouve intéressant et pertinent car il pose question 🙂 !

  2. Bonjour Luc,
    Un bon début d’année avec une belle matière à réflexion.
    Confondre trop souvent l?autorité d?un document, ou d’une personne, avec sa popularité, c’est un des symptôme les plus marquants de notre société dans son ensemble, et dans tous les domaines.
    Cette nouvelle notion répond en partie à la réflexion suivante, qui concerne les médias: Nous sommes en train de passer du deal ancien :
    « moi, journaliste, je te donnes à toi, lecteur-spectateur-auditeur ta dose d’information quotidienne, tu peux me faire confiance, avec ce que je t’ai dit tu es suffisamment informé pour être un citoyen honnête »
    à une nouvelle tournure d’esprit qui serait :
    « le monde ne s’est pas arrêté de tourner à la seconde ou le journal a été mis sous presse-diffusé, il me faut encore, encore, encre des informations complémentaires… »
    une sorte de course sans fin vers un horizon de la finitude informationnelle qui s’éloigne au fur et à mesure que l’on cherche à l’atteindre.
    Peut-être que retrouver des critères de confiance dans les informations et leurs sources ralentira cette course épuisante?

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